Sur le terrain, le carnet reste souvent le meilleur outil. Puis vient le soir, et le rapport à taper.
C’est ce décalage que Tellia cherche à réduire. Notre conviction tient en une phrase : en agriculture, l’interface la plus naturelle n’est pas l’écran, c’est la voix.
Pourquoi la voix ?

Un conseiller passe ses journées debout. Les mains prises, souvent sales, parfois gantées. Le téléphone sort de la poche pour une photo, rarement pour remplir un formulaire. Les outils métier demandent l’inverse : des menus déroulants, des cases à cocher, une connexion correcte et dix minutes d’attention.
Résultat, l’observation se note à la main, puis se ressaisit le soir. Deux fois le même travail. Et entre les deux, ce qui se perd, c’est le détail : la nuance sur un rang, l’hypothèse qu’on avait en tête, la remarque de l’agriculteur.
La voix change l’ordre des opérations. On décrit ce qu’on voit au moment où on le voit. Le texte se structure ensuite.
Trois choses apprises en construisant l’outil
- D’abord, la transcription ne suffit pas. Un rapport dicté brut est illisible. L’intérêt commence quand le système comprend le vocabulaire métier, rattache une observation à une parcelle et range l’information au bon endroit.
- Ensuite, le hors ligne n’est pas une option. Beaucoup de parcelles n’ont pas de réseau. Si l’outil s’arrête quand la barre tombe, il ne sert à rien.
- Enfin, il faut accepter d’être corrigé. Le conseiller relit, ajuste, valide. C’est lui qui signe. L’IA prépare le travail, elle ne décide pas.
Deux étapes cet été
En août, nous avons lancé notre application mobile. Elle permet de dicter une observation depuis la parcelle et de récupérer un rapport structuré, prêt à être relu et envoyé.
En septembre, nous avons annoncé une levée de 5 millions de dollars. Elle finance trois chantiers :
- élargir les cultures et les filières couvertes,
- améliorer la qualité du modèle en conditions réelles (vent, moteur, accents, vocabulaire local),
- et poursuivre le travail avec nos partenaires européens.
Parmi eux, l’Institut de l’élevage, avec qui nous avons animé une conférence au SPACE à Rennes sur l’IA vocale en élevage, sans écran ni clavier.
Et après ?
La question qui nous intéresse n’est pas de savoir si une IA sait rédiger un rapport. Elle le fait déjà, plutôt bien. La vraie question est de savoir si un outil peut s’utiliser sans changer la façon de travailler. Sans nouvelle procédure, sans formation de trois jours, sans tablette de plus dans le camion.
C’est le pari de la voix.
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