Le Fonds Révolution Environnementale et Solidaire, abondé par le Dividende sociétal de Crédit Mutuel Alliance Fédérale et géré par Crédit Mutuel Impact, a mené cette augmentation de capital afin d’accompagner la croissance d’Agriodor, entreprise innovante de biocontrôle spécialisée dans le développement de solutions basées sur l’utilisation d’odeurs naturelles pour influencer le comportement des insectes. Cette opération vise à financer la plateforme et les projets de recherche et développement ainsi que le déploiement international des solutions d’Agriodor. Les fonds régionaux Région Sud Investissement et CAAP Création du Crédit Agricole Alpes-Provence et les investisseurs historiques Capagro, Ambra Capital, et SWEN Capital Partners ont également pris part à cette opération.
Fondée par Alain Thibault et le Dr Ené Leppik, et issue de recherches à l’INRAE, l’entreprise rennaise Agriodor développe une nouvelle génération de solutions de protection des cultures utilisant des parfums à base d’odeurs naturellement émises par les plantes pour influencer le comportement des insectes. Cette approche constitue une alternative performante et durable aux insecticides, alors que le secteur agricole fait face à un phénomène de résistance croissante des ravageurs et à un durcissement du cadre réglementaire.
Agriodor a récemment réalisé une première mondiale en déployant avec succès le premier sémio-chimique (allomone) en grandes cultures – une innovation pour la betterave sucrière en France. L’investissement permettra désormais d’appliquer cette nouvelle technologie àde nouvelles cultures et familles d’insectes, d’accélérer la croissance commerciale de l’entreprise en Europe et à l’international, et de continuer de développer les capacités de R&D grâce à l’intelligence artificielle.
Une double réponse au phénomène de résistance et à la perte de biodiversité
Plusieurs dizaines d’espèces d’insectes ravageurs (notamment parmi les pucerons, aleurodes, thrips…) ont développé des résistances aux insecticides et constituent des dangers majeurs pour l’agriculture mondiale. Le changement climatique accélère par ailleurs la propagation des ravageurs, rendant indispensables des alternatives durables. En parallèle, l’effondrement des populations d’insectes, observé ces vingt dernières années dans le monde et causé notamment par les pesticides de synthèse, a des conséquences majeures pour la biodiversité tel que le soulignent de nombreuses publications scientifiques. Cette perte de biodiversité a des impacts directs pour l’agriculture notamment sur la santé des sols et la pollinisation, mais aussi sur les écosystèmes à une échelle globale.
La plateforme R&D d’Agriodor s’appuie sur des approches innovantes d’écologie chimique à haut-débit, et continue d’accélérer grâce à l’écologie chimique inverse. En reproduisant des odeurs naturelles de plante, et en les associant à des formulations adaptées aux différents systèmes de culture du monde, l’entreprise offre des outils qui attirent, repoussent ou désorientent les ravageurs et permettent d’en contrôler les populations. Cette approche permet aujourd’hui de mettre sur le marché des produits dont le développement est jusqu’à dix fois moins coûteux et deux fois plus rapide que celui des insecticides conventionnels, tout en apportant une réponse aux problématiques de résistance et de sélectivité.
Un portefeuille de solutions de biocontrôle à différents stades de développement.
Le premier produit de l’entreprise, ciblant les pucerons de la betterave, est commercialisé via un accord de distribution exclusif avec Syngenta, accompagnant les producteurs français de betteraves sucrières dans la lutte contre la jaunisse.
Agriodor étend désormais son portefeuille à des solutions de biocontrôle pour de nouvelles cultures et familles d’insectes telles que les mouches des fruits, les aleurodes et les thrips – des marchés représentant collectivement plus de 4 milliards de dollars. Pour certains de ces projets, Agriodor adopte un modèle de co-développement, en s’associant aux acteurs historiques de la protection des cultures pour accélérer l’adoption et l’approbation réglementaire tout en s’alignant sur les objectifs européens de durabilité.
Forte de 8 brevets répartis en trois familles, Agriodor réunit une équipe pluridisciplinaire de 42 spécialistes de 6 nationalités, dont 8 docteurs, et s’appuie sur des conseillers stratégiques comprenant des experts seniors issus de firmes leaders de la protection des cultures. Pour continuer d’accroitre son impact, 15 partenariats de R&D ont été établis en Europe, en Chine et au Brésil.
Nous sommes convaincus que l’avenir de la protection des cultures repose sur la biologie, et non sur la chimie. Avec cette levée de fonds, nous affirmons la transformation d’Agriodor – d’une startup Agtech française de premier plan à un spécialiste mondial du biocontrôle par les odeurs. Notre technologie offre aux agriculteurs un outil efficace pour préserver les rendements, l’environnement et la santé humaine.
Alain Thibault, cofondateur et Président d’Agriodor
L’odeur est un langage universel chez les insectes, que nous avons décodé. Notre technologie propose une révolution dans la protection des cultures, performante, sans résidus et respectueuse de la biodiversité, utilisable seule ou en combinaison avec tout autre outil de protection des cultures.
Dr Ené Leppik, cofondatrice et CTO
La technologie de biocontrôle développée par Agriodor est très différenciante par son mode d’action et constitue une solution prometteuse pour protéger en même temps les cultures et la biodiversité de manière durable. Nous sommes ravis d’accompagner la talentueuse équipe d’Agriodor et de lui donner les moyens de déployer sa plateforme de solutions innovantes en Europe et dans le monde. Cette opération s’inscrit pleinement dans la stratégie d’investissement de notre Fonds Révolution Environnementale et Solidaire, abondé par le Dividende sociétal de Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
Nadia Bouzigues, Directrice Générale de Crédit Mutuel Impact
Chiffres et données clefs :
– Création : 2019
– Fondateurs : Alain Thibault(Président), Ené Leppik (CTO)
– 2 laboratoires : Rennes (siège social)et Aix-en-Provence, France
– Équipe : 42 ETP (8 docteurs, 6nationalités)
– Brevets : 8 répartis en 3 familles
– Plateforme : 10× moins coûteuse et 2×plus rapide que les pesticides conventionnels
– Premier produit : commercialisé viaSyngenta
– Marchés ciblés : pucerons, mouches desfruits, aleurodes, thrips et autres
– Levée de fonds 2026 : 15 M€
– Investisseur principal : FondsRévolution Environnementale et Solidaire géré par Crédit Mutuel Impact
– Intervenants de l’opération : Trachet(conseil financier Agriodor), Parallel Avocat (conseil Agriodor), AlérionAvocats (conseil Crédit Mutuel Impact)







