L’affichage du coût environnemental vise à informer les consommateurs sur les impacts environnementaux des produits qu’ils consomment. Au-delà d’un simple score, l’objectif est aussi d’aider chacun à mieux comprendre l’impact de son alimentation et d’encourager des modes de production plus durables.
Le coût environnemental alimentaire : pourquoi il ne s’agit pas juste d’un score de plus dans les rayons ?
Imaginez deux yaourts, côte à côte sur l’étagère du supermarché. Même format, même prix, même apparence. Et pourtant, pour l’un, les pratiques agricoles et industrielles sont connues et tracées tout au long de la chaîne de valeur : alimentation animale, gestion des prairies, consommation d’énergie, pratiques d’élevage… Pour l’autre, ces informations sont absentes ou partielles. Faute de données spécifiques, l’évaluation repose alors sur des données génériques, représentatives de pratiques moyennes du secteur. Afficheraient-ils le même score environnemental ? Oui. Et non. Tout dépend en réalité du niveau de précision du calcul retenu. Avec une approche fondée sur des données génériques, les deux produits pourraient obtenir un score identique. En revanche, dès lors que l’on intègre les données réelles de la filière, les écarts peuvent devenir significatifs.
Un score qui va bien au-delà de l’empreinte carbone
Le 13 mai 2026, le gouvernement a présenté la nouvelle méthodologie officielle de calcul du « coût environnemental alimentaire ». Une avancée majeure : la méthode ne se limite pas à l’empreinte carbone. Elle s’appuie sur le référentiel européen PEF (Product Environmental Footprint) qui agrège 16 indicateurs environnementaux : qualité de l’eau, utilisation des sols, biodiversité, ressources naturelles…. A cela, s’ajoutent désormais des indicateurs complémentaires liés à la biodiversité et aux services écosystémiques qui peuvent représenter jusqu’à 30 % du score final.
Autrement dit, des pratiques comme le maintien des prairies permanentes ou la préservation des haies bocagères peuvent désormais être prises en compte dans l’évaluation environnementale. En théorie.
Le défi des données génériques
Car, dans la pratique, une grande partie des calculs aujourd’hui repose encore sur des moyennes sectorielles, ce qu’on appelle le Niveau 1 ou simplifié (Ecobalyse). Utile pour démarrer, ce niveau générique a une limite : il traite de la même façon des filières aux pratiques pouvant être très différentes. Résultat, les efforts de toute la chaine de valeur dans la transition restent parfois invisibles dans le score final.
C’est précisément pour répondre à cette limite que FoodPilot, plateforme développée par Positive Solutions et double lauréat France 2030, travaille depuis 2023 sur des niveaux de calcul plus avancés, intégrant des données spécifiques aux filières et aux pratiques réelles. Les résultats montrent que l’écart entre un calcul générique et un calcul basé sur des données terrain peut, dans certains cas, atteindre un facteur deux pour un même produit.
La traçabilité des données, nouveau terrain de jeu de la différenciation
C’est là qu’entrent en jeu les Niveaux 2 et 3. Leur objectif : descendre au plus près des pratiques réelles (par exemples : rotations culturales, couverture des sols, réduction des intrants, alimentation animale, logistique ou encore emballages) afin de produire un score qui reflète vraiment ce qui se passe sur le terrain.
FoodPilot a notamment développé ces niveaux avancés en collaboration directe avec les filières volaille, porc, lait, fruits ou encore biscuiterie aux côtés d’acteurs comme Maïsadour, Cooperl, Eurial, Lustucru Frais, Pink Lady®, Groupe Aoste ou Nutrition & Santé, et de références scientifiques telles qu’EVEA, Carbone 4 ou l’IFIP.
Autre enjeu clé : la robustesse des données. Les méthodologies et résultats produits sont auditables par Bureau Veritas, afin de garantir leur fiabilité et leur opposabilité dans un contexte réglementaire en pleine structuration.
Et demain ?
Au-delà du simple affichage, les enjeux deviennent désormais stratégiques. Les entreprises doivent répondre à des attentes croissantes : réglementation, demandes des distributeurs, attentes des consommateurs ou encore reporting extra financier.
Dans ce contexte, la qualité des données devient déterminante. L’enjeu n’est plus seulement de calculer un score, mais de rendre visibles et comparables les efforts réellement engagés par les filières.
Pour les filières qui ont déjà engagé des efforts concrets, l’enjeu est simple : ne pas rester invisibles.
Pour aller plus loin : Positive.Solutions — LinkedIn FoodPilot







