Beaucoup de talents, pas assez de débouchés : le paradoxe de l’innovation agri-agro française
Chaque année, AgroParisTech et Genopole forment en France des ingénieurs, des docteurs et hébergent des chercheurs parmi les plus pointus au monde sur les enjeux du vivant et de l’environnement. Genopole, premier biocluster français en biotechnologies, rassemble 74 entreprises et 19 laboratoires de recherche. Combiné aux 24 unités de recherche d’AgroParisTech, à un vivier d’étudiants entrepreneurs et à son réseau d’incubateurs thématiques (les InnLabs), le potentiel scientifique et technique est, objectivement, exceptionnel.
Pourtant, pendant trop longtemps, ce potentiel s’est heurté à un mur invisible : celui du financement précoce. Trente créations d’entreprises par an, 80 start-ups accueillies en incubation, des brevets novateurs issus de laboratoires de rang mondial … et des fondateurs contraints de frapper à des dizaines de portes avant de trouver un premier financement leur permettant de valider puis développer leurs idées. Les fonds d’amorçage classiques ne se positionnent qu’à partir d’un certain niveau de maturité technologique. Les dispositifs publics (subventions, prêts d’honneur) ne suffisent pas à transformer un concept technique ou de recherche en projet d’entreprise crédible. La brique manquante, c’est celle du pré-amorçage, ce stade charnière où tout se joue pour émerger les entreprises de demain mais qui manque d’intervenants, surtout dans le secteur agri-agro, spécifique à bien des égards.
AGIR : une réponse concrète à un besoin structurel

C’est précisément ce manque que vient combler le fonds AGIR (AgroParisTech Genopole Innovation Responsable), dont la gestion a été confiée à Demea Sustainable Investment au terme d’un processus de sélection rigoureux. Avec un objectif de levée de 30 millions d’euros, ce véhicule a vocation à investir des tickets jusqu’à 500 000 € dans des start-ups en phase de pré-amorçage, issues des communautés AgroParisTech, Genopole et plus largement au niveau national du fait de la forte implantation d’AgroParisTech dans les territoires, via les liens forts existant avec d’autres écoles et universités, notamment celle de Paris-Saclay.
L’ambition est claire : offrir à des entrepreneuses et entrepreneurs issus du monde académique (étudiants, alumni, doctorants, chercheurs) les ressources nécessaires pour valider leur technologie, structurer leur équipe et préparer les tours de financement suivants. L’idée étant d’accélérer les grandes transitions en cours, les secteurs ciblés englobent l’agriculture, l’alimentation, la forêt, l’environnement et les biotechnologies, autant de filières stratégiques pour la souveraineté industrielle, économique, agricole et alimentaire de la France et de l’Europe et en première ligne pour lutter contre le réchauffement climatique.
Un modèle fondé sur la combinaison des forces
Ce qui distingue AGIR d’un fonds classique, c’est la combinaison de trois forces complémentaires : AgroParisTech et sa filiale AgroParisTech Innovation apportent l’accès aux opportunités issues du monde académique, l’expertise scientifique et technique et les programmes d’incubation dans les InnLabs, renforcée par la force du réseau des alumni ; Genopole apporte ses plateformes technologiques mutualisées et son savoir-faire en biotech ; Demea apporte vingt ans d’expérience en capital-risque agri-agro, 3 milliards d’euros sous gestion et un réseau d’investisseurs institutionnels. Ensemble, ils forment un dispositif inédit, capable d’accompagner un étudiant ou un chercheur depuis son laboratoire jusqu’à sa première levée institutionnelle.
AGIR ne se contente pas de financer : il accompagne et donne aux talents académiques la possibilité de créer de la valeur là où l’innovation est née, au service de transitions agricoles, alimentaires et environnementales dont l’urgence n’est plus à démontrer.
Contacts : eric.marty@demea-si.com / thomas.beaugendre@demea-si.com / gregoire.burge@agroparistech.fr







